Une française à Montréal ... Humeurs ...
+ accueil

+ Derniers messages

+ Faites connaître ce blogue

+ archives



+ Un blogue de :
Ti-Moose
Ti-Moose


+ lectures

10x10
Le blog de Martineau
Cinefil (XML)
Parce que je suis fan .. (XML)
Des rêveries ... (XML)
Des super citations
IMDB (XML)
Le temps n'est rien



+ catégories







Publié le vendredi 4 février 2005

Vendredi 4 février 2005

Une longue lignée de trou d’cul

Il est fascinant de voir à quel point nous répétons les mêmes erreurs et les mêmes schémas tout au long de notre vie. L’être humain a la tête dure. Mon histoire d’amour avec les trous d’cul remonte à très longtemps .. j’en avais même oublié jusqu’à l’existence de certains avant que des souvenirs ne remontent à la surface .. ou ne ressortent du fond du garde-robe, là où je les avais soigneusement archivés, espérant les oublier ou faire comme si ils faisaient parti de la vie de quelqu’un d’autre.

Le premier s’appelait Mickaël. Je devais avoir 10 ou 11 ans. Il avait des yeux angéliques, d’adorables tâches de rousseur et son sourire qui faisait craquer toutes les filles, cachait un égo déjà surdimensionné pour un ti cul de 10 ans.. Et bien sûr il n’aimait aucune d’entre nous.. il aimait juste plaire.

Le second bel âtre s’appelait Olivier. Oh lui, il était beau comme un Dieu .. et il le savait. Je devais avoir 15 ans, et je rêvais secrètement de devenir celle qui ferait battre son cœur pour de vrai. C’était un vrai coureur, un Casanova, un collectionneur de cœurs brisés.. et moi, plus téméraire que les autres, avait atteint la position enviée et je pensais enviable de « meilleure amie » du dit prédateur de cœurs esseulés.. Je me mourrais d’amour et de désir pour lui, et attendais patiemment que ses beaux grands yeux s’ouvrent sur moi .. Ce qu’ils ont fait un jour.. à force de ténacité et d’opérations de « promotion » de ma personne .. le Bel Olivier a craqué et a dénié un soir déposer ses si belles lèvres charnues sur les miennes .. Wouah !! Quelle émotion, quel transport, mon rêve devenait réalité. J’allais enfin vivre le grand Amour .. ce devait être en substance, ce que j’ai eu le pathétisme de lui écrire le soir même dans une longue et romantique lettre d’amour enflammée … Bippppp !!! grossière erreur. Mes lèvres n’ont jamais plus croisées les siennes, et il est venu m’annoncer quelques jours plus tard ... ben que ce baiser avait été une erreur et que notre amitié était bien plus importante ... Autant dire que notre amitié n'a pas non plus survécue à cette "erreur".

Les années ont passé. Ma vie sentimentale commençait sérieusement à ressembler à un no men’s land. Jusqu’à ce que je croise, à 19 ans, sous une faluche de carabin, les beaux grands yeux bleu océan de Thierry. Thierry ne ressemblait pas à première vue à un trou d’cul .. d’ailleurs, ils ne ressemblent jamais à première vue à un trou d’cul. La supercherie serait trop facile à déjouer. Thierry était fou amoureux de moi, disait-il .. mais il était également jaloux, possessif et manipulateur … ah! … vous commencez à me voir venir. Il a réussi, tout doucement sans faire de bruit, à saper ma confiance en moi, à me faire douter de la qualité et de la sincérité de mon amour pour lui.. ce sur quoi il n’avait pas tort, mais il me faudra encore de longs mois pour me l’avouer à moi-même. Car la vérité est que je ne l’ai jamais aimé. J’avais de l’affection, de la tendresse pour lui, mais je ne l’aimais pas. Et bien entendu, si je l’aimais mais que je n’étais pas assez tendre, si je l’aimais mais ne voulait pas vivre avec lui, si je l’aimais mais n’aimais pas faire l’amour avec lui … ben, naturellement, la raison évidente qui s’imposait à la logique devait être que je n’étais pas normale. Et j’y ai effectivement cru. C’était plus que crédible comme explication. Il ne pouvait y’en avoir d’autre… Cette comédie a tout de même duré 5 ans. 5 ans à me persuader que je l’aimais tellement j’avais un besoin vital d’être aimée… J’ai rompu juste avant la demande en mariage…

Et nous arrivons enfin, à la Palme d’or, le champion du Monde toute catégorie du trou d’cul. Hervé. Hervé n’était pas beau, mais avait du charisme, une aura. Il avait la maturité de l’homme qui a choisi sa vie. Il avait la réussite professionnelle du chef d’entreprise. Il avait la force de celui qui vit sa passion et sait où il va. Il n’avait peur de rien. Il brillait et j’étais éblouie. Il avait sa vie, son appartement, des amis, une grosse moto … riez pas les filles, ça en a impressionné plus d’une… et il me faisait merveilleusement bien l’amour. Et moi, petite chose que je pensais être, il m’a regardé, m’a prise par la main et m’a demandé de venir vivre avec lui dans la grande Capitale. Vous pensez bien que j’ai dis oui. J’ai couru même. J’ai quitté ma province, ma vie que je pensais platte et insignifiante pour la remplir de la sienne, et j’ai accouru jusqu’à Paris avec mes p’tites valises pour emménager chez lui. J’avais trouvé l’Homme ma vie, le futur père de mes enfants, un amant qui me faisait jouir… le rêve! .. Ouais... Le rêve s’est rapidement transformé en cauchemar et le Prince Charmant en égocentrique, workoolic, donneur de leçons, râleur qui passait bientôt plus de temps au bureau que dans notre lit, dans lequel il ne faisait que dormir pour récupérer de son dur labeur … C'était un adulte, lui!... Cette descente aux enfers a duré plusieurs mois. J’ai perdu l’appétit, le sourire, l’euphorie que procure le sentiment d’aimer et d’être aimée, pour devenir une chieuse malheureuse qui lui faisait la gueule la plupart du temps … J’étais malheureuse, perdue. Je ne savais que faire pour lui rendre son sourire, sa bonne humeur, lui enlever ses soucis. Je voulais sauver notre couple … Eh ! c’était le futur père de nos enfants dont je parle. J’ai donc fini par lui dire ce que je ressentais. À quel point j’étais désarmée et prête à faire l’impossible pour que tout redevienne comme avant. Il m’aurait demandé d’aller décrocher la Lune et de revenir, je l’aurais sans doute fait. J’étais prête à être et à faire tout ce qu’il voulait pour qu’il me regarde à nouveau, me désire à nouveau, me sourit à nouveau. Il ne m’a pas regardé, il ne m’a pas désiré, et encore moins sourit. À la place il m’a détruite... Ce n’était pas compliqué, je m’étais déjà chargée moi même d’une bonne partie du sabotage du peu de confiance et d’estime de moi que j’avais. Il a commencé par me dire que cette relation ne pouvait plus durer, pour de nombreuses raisons. Déjà à cause de mon immaturité, de mon manque de passion et du peu de personnalité dont j’étais pourvue … la lampe de salon en avait certainement plus que moi. Je devais vivre ma vie, trouver d’autres motivations dans mon existence que de rester collée à lui comme un p’tit chien obéissant et docile … Il était évident que nous n’aurions pas d’enfants … comment pouvais-je envisager en avoir, étant encore perdue en pleine adolescence? … J’étais tellement abasourdie, surprise, que je n’ai fait qu’acquiescer. Oui, je pensais. Il a raison. Je suis une merde. Une sombre et insignifiante merde … Mais le coup de grâce a été porté quelques jours plus tard, quand ayant repris des forces je suis allée l’affronter, bille en tête, bien décidée à ne plus me laisser m’humilier … Après quelques minutes de dialogue infructueux, il m’a regardé avec ses grands yeux et d’une voix calme, sûre et posée, il m’a dit : « J’ai bien réfléchi. Je me suis trompé. Je ne t’ai jamais aimée. Je n’aurais pas pu aimer quelqu’un d’aussi vide et insignifiant que toi… »… Mon cœur a arrêté de battre.

Tout ce long déballage d’histoires sordides, pourquoi me direz-vous? Déjà parce que c’est ma vie. Et même si ces histoires sont tristes, je les ai digérées. « Ce qui ne tue pas, rend plus fort » il paraît. Et je pense effectivement que c’est vrai. Elles sont ma vie, mon passé, mon histoire. Une des raisons qui font qui je suis aujourd’hui. Mais j’écris cette histoire aussi ce soir pour une autre raison. J’ai, il y a quelques mois, rencontré un Gentil. Le premier, au regard de ce passé rock & roll, qui soit passé dans ma vie. Je me suis sentie bien, moi, confiante, à l’aise, sans masques ni jeux, dès le début. J’ai plongé comme je ne pensais plus que je serais capable de le faire. Mon cœur que je pensais mort, c’est remis à battre la chamade… Et j’ai fait, ce que tous les trou d’cul que j’ai connu ont fait : je n’ai pensé qu’à moi ! J’ai été égoïste, impatiente, intolérante. Et lorsque je me suis rendue compte que j’étais en train de tomber en amour avec mon beau gentil et lui pas … je ME suis protégée et nous nous sommes quittés. Ai-je fait le « service après-vente »? Ai-je essayé de le comprendre, de me mettre à sa place, de lui laisser du temps? .. bien sûr que non. Bien trop blessée dans ma fierté et mon égo, et fière d’avoir senti mon cœur battre à nouveau, je l’ai soigneusement et rapidement rangé dans la catégorie du « gars de transition » et j’ai continué ma vie sans regarder dernière moi. Et je n’en suis pas fière. La morale de cette histoire est la suivante : « Faites attention les filles. A trop fréquenter des trou d’cul, on finit pas leur ressembler ».


Ti-Moose | | 2005-02-04 23:08:16
Permalien



1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 4 novembre 2009 à 08:57:59 (lien)
Mel - philozone.blob4ever.com
Allo, J\'ai vraiment apprécié la lecture de ton texte \"Une longue lignée de trou d’cul\" surtout qu\'aujourd\'hui, j\'en suis à une deuxième rencontre manquée avec un de ces trous du cul. Je suis vraiment fâchée contre moi d\'avoir été si naïve! En plus, sans mauvaise foi, je lui ai transmise des infos sur moi. Je crains sérieusement qu\'il ne soit qu\'un \"crosseur\" et un fraudeur. J\'ai vraiment passé deux soirées à l\'attendre, le pauvre petit, mais il ne s\'est jamais pointé la \"face\" ! Deux fois qu\'il m\'a fait poirotter pendant des heures à l\'attendre,en m\'ayant endormi avec ses belles paroles à la con! 2 fois, j\'en reviens pas d\'être aussi conne!!!! Bref, merci de ce texte qui m\'a fait du bien ce matin. J\'avais besoin de remontant! Soutenons-nous contre ces cons!!!!


Ajouter un commentaire

Une française à Montréal ... Humeurs ...